Ce qu’il faut retenir
Le trou de la couche d’ozone au-dessus de l’Antarctique a couvert en moyenne environ 25 millions de km² du 7 septembre au 13 octobre 2026, d’après le bilan publié le 4 novembre par la NASA et la NOAA : le septième plus grand en 48 ans, et le plus vaste depuis 2015. En cause, un vortex polaire très puissant, pas un recul de la guérison.
Les chiffres de la saison, ce qui a gonflé le trou cette année, puis pourquoi les scientifiques parlent toujours de guérison.
Vaste, mais moins profond que les records
Pendant les cinq semaines où la destruction de l’ozone culmine, le trou a couvert en moyenne environ 25 millions de km², plus de deux fois la superficie des États-Unis. C’est le septième plus grand depuis le début des mesures par satellite, en 1979.
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Nous avons replacé ce chiffre dans la série annuelle de NASA Ozone Watch : aucune saison de 2016 à 2025 n’avait dépassé 23,5 millions de km². Il faut remonter à 2015 pour trouver plus vaste. L’an dernier, le trou n’en couvrait que 18,7.
Un autre chiffre circule : 27,1 millions de km². Il s’agit du maximum d’un seul jour, le 18 septembre, environ 90 % du record absolu de septembre 2000. Le classement, lui, se fait sur la moyenne de la saison.
Le trou était grand, mais moins creux. Au-dessus du pôle Sud, les ballons-sondes ont trouvé au plus bas 105 unités Dobson le 17 octobre, loin du plancher de 92 atteint en octobre 2006.
L’unité Dobson mesure la quantité d’ozone au-dessus d’un point. Cent unités, c’est une couche d’ozone pur d’un millimètre d’épaisseur si on la ramenait à la pression du niveau de la mer. On parle de « trou » là où la quantité tombe sous 220 unités.
Un vortex polaire trop solide
Si la couche d’ozone guérit, pourquoi un trou aussi vaste ? La réponse tient à la météo de la stratosphère, l’étage de l’atmosphère où se trouve cette couche.
Chaque année, un courant de vents saisonnier, le vortex polaire, encercle l’Antarctique et y enferme un air glacial. Il s’y forme des nuages stratosphériques polaires. Sur leurs particules, le chlore et le brome libérés par des produits chimiques humains deviennent capables de détruire l’ozone.
En août et en septembre 2026, les grandes ondes atmosphériques qui montent d’ordinaire de la basse atmosphère et finissent par casser ce vortex sont restées très faibles. Ses vents les plus forts se sont tenus plus loin du pôle de plusieurs degrés de latitude, explique Amy Butler, chercheuse à la NOAA. L’enclos d’air froid était plus large, la zone de destruction aussi.
Ce même printemps austral, la banquise de l’Antarctique a connu son deuxième octobre le plus pauvre en glace. Deux phénomènes distincts, une même région hors norme.
Pourquoi la NASA parle encore de guérison
Sans la baisse des gaz qui détruisent l’ozone, ce trou aurait été plus grand de plusieurs millions de km², estime Paul Newman, qui dirige depuis longtemps l’équipe ozone de la NASA. Le chlore d’origine humaine dans la stratosphère antarctique a baissé d’environ un tiers depuis les années 1980.
Depuis le protocole de Montréal de 1987, les pays se sont engagés à remplacer ces chlorofluorocarbures (CFC), longtemps utilisés dans les réfrigérateurs et les climatiseurs. Mais ils s’échappent encore de vieux appareils et de décharges, et restent des décennies dans l’air.
Autre signe : ces dernières années, le trou se forme plus tard dans la saison. La guérison complète reste attendue vers les années 2070. Une année de vortex solide ne change pas cette trajectoire.
Suivre le trou d’ozone à la source
La NASA tient à jour la surface du trou et ses cartes sur son site Ozone Watch, et les mesures des ballons-sondes du pôle Sud sont publiées en ligne. C’est là que se lira la fermeture du trou de 2026.
Sources
- NOAA, « NOAA, NASA release measurements of 2026 ozone hole », 4 novembre 2026
- NASA Science, « NASA, NOAA Track 2026 Antarctic Ozone Hole », 4 novembre 2026
- NASA Ozone Watch, « Annual Records », surface du trou d’ozone de 1979 à 2025
- Image de couverture : lancement d’une sonde d’ozone à la station du pôle Sud, NOAA Photo Library, domaine public ; graphique : geogir.fr, d’après NASA Ozone Watch et le bilan NOAA-NASA
