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    Actualité 05/11/2026

    Antarctique : les quatre octobres les plus pauvres en banquise depuis 1979 sont les quatre derniers

    16,34 millions de km² en octobre 2026 selon le NSIDC, juste derrière 2023. Les quatre octobres les plus bas depuis 1979 : 2023 à 2026.

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    Antarctique : les quatre octobres les plus pauvres en banquise depuis 1979 sont les quatre derniers
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    Ce qu’il faut retenir

    Avec 16,34 millions de km² en moyenne, la banquise de l’Antarctique a connu en octobre 2026 son deuxième mois d’octobre le plus pauvre en glace depuis 1979, juste derrière 2023, d’après le NSIDC, le centre américain de données sur la neige et la glace. Les quatre octobres les plus bas jamais mesurés sont désormais 2023, 2024, 2025 et 2026.

    Le bilan du mois, ce que montrent 48 ans de mesures par satellite, pourquoi le répit de l’été austral n’a pas tenu, puis comment suivre la fonte qui commence.

    Octobre 2026, deuxième derrière 2023

    Comme nous l’écrivions le 19 octobre, la glace de mer autour du continent blanc était passée sous ses records pour la date au début du mois. Le fichier mensuel du centre américain, publié début novembre, donne le verdict du mois entier : 16,34 millions de km², à 60 000 km² seulement du record d’octobre 2023.

    Graphique en barres de l'étendue moyenne de la banquise antarctique chaque mois d'octobre de 1979 à 2026 : les barres de 2023 à 2026 sont les plus basses, toutes sous 17 millions de km²

    Jour après jour, 2026 a tenu le plus bas niveau pour la date les 2, 3, 4, 8 et 9 octobre, puis la deuxième place tous les autres jours, toujours derrière 2023.

    Face à la moyenne des octobres 1981-2010, le manque atteint 1,76 million de km² : plus de trois fois la superficie de la France métropolitaine.

    Quatre octobres de suite sous les 17 millions de km²

    Sur 48 octobres mesurés, seuls quatre sont passés sous la barre des 17 millions de km² : les quatre derniers. Avant 2016, le plus faible restait celui de 1986, à 17,18 millions. En 2013, la banquise d’octobre culminait encore à 19,02 millions de km².

    Une mauvaise année peut passer pour un accident. Quatre de suite, beaucoup moins.

    Le répit de l’été austral n’a pas tenu

    La banquise ne s’était-elle pas reprise cette année ? Au creux de l’été austral, le 24 février 2026, elle était descendue à 2,56 millions de km² d’après les relevés quotidiens, loin du record de février 2023 (1,85 million). De quoi faire titrer en mars sur une banquise qui « se stabilise ».

    L’hiver austral a effacé ce répit. Le maximum annuel, atteint le 14 septembre à 17,59 millions de km², est le troisième plus faible mesuré si la date se confirme, et octobre est retombé au niveau de 2023.

    Pourquoi la glace revient moins

    Après plus de 35 ans de légère hausse, l’étendue de la banquise antarctique a chuté brutalement en 2016. Les chercheurs de l’Institut Pierre-Simon-Laplace (IPSL) parlent d’un « changement de régime », toujours à l’œuvre.

    Leur analyse des observations satellites, publiée en 2024, décrit une glace plus mince en hiver, qui se retire plus tôt au printemps. L’océan dégagé absorbe alors davantage de soleil, comme un tee-shirt noir chauffe plus qu’un blanc : c’est l’effet d’albédo. Plus chaude en été, l’eau regèle plus tard à l’automne.

    La cause principale se trouverait dans l’océan, dont la chaleur apportée à la glace pourrait avoir augmenté. Ce recul est-il lié au changement climatique, comme en Arctique ? « Difficile de dire à ce stade », répond l’IPSL.

    Bon à savoir

    Depuis l’espace, les satellites voient la surface couverte par la glace, mais ni son épaisseur ni l’océan qui coule dessous, rappellent les chercheurs de l’UCLouvain. Ces mesures-là demandent des campagnes en mer, forcément ponctuelles sur un océan aussi vaste.

    Suivre la fonte jusqu’en février

    Le 3 novembre, la banquise couvrait 15,63 millions de km², toujours deuxième plus bas niveau pour la date derrière 2023. Elle fond désormais jusqu’à son minimum de février.

    Les valeurs quotidiennes, mises à jour chaque jour, restent provisoires sur les derniers jours. L’analyse commentée du centre américain sur octobre n’était pas encore parue le 5 novembre au matin.

    Sources

    • NSIDC, Sea Ice Index version 4, étendue mensuelle d’octobre et série quotidienne de l’hémisphère sud, fichiers du 5 novembre 2026
    • IPSL et CNRS Terre & Univers, « Saisonnalité des changements de la banquise antarctique post-2016 », d’après Himmich, Vancoppenolle et al., Journal of Geophysical Research: Oceans, 2024
    • NSIDC, communiqué du 23 septembre 2026 sur le maximum de la banquise antarctique
    • Photo de couverture : banquise au large de l’île Bransfield, péninsule Antarctique, Operation IceBridge, 27 octobre 2016, NASA, domaine public, Wikimedia Commons ; graphique : geogir.fr, d’après les données du NSIDC

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