Ce qu’il faut retenir
En octobre 2026, la surface des océans a atteint 20,95 °C en moyenne entre 60° S et 60° N : jamais un mois d’octobre n’avait été aussi chaud, d’après les données ERA5 du service Copernicus. Dans le Pacifique, l’écart de la région Niño-3.4 bat son record, mais l’indice officiel de la NOAA place cet El Niño juste derrière celui de 1997.
Le bilan du mois, ce qui se passe dans le Pacifique équatorial, pourquoi deux indices américains ne disent pas la même chose, puis où suivre la suite.
Trois mois de records d’affilée
La moyenne des 31 jours d’octobre dépasse d’environ 0,16 °C celle d’octobre 2023, l’ancien record, et de 0,75 °C la normale 1991-2020. Les quatre octobres les plus chauds de cette série commencée en 1979 sont 2026, 2023, 2024 et 2025.
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Le record ne tient pas à quelques pics isolés. Chacun des 31 jours d’octobre a été le plus chaud jamais mesuré pour sa date, tout comme les 1er, 2 et 3 novembre.
Août et septembre 2026 avaient déjà battu leurs records mensuels. La valeur la plus haute de toute la série remonte au 24 août : 21,11 °C. Au-dessus des terres, l’air a lui aussi connu son octobre le plus chaud.
Dans le Pacifique, un écart jamais mesuré depuis 1982
Dans le Pacifique équatorial, les écarts sont bien plus forts encore. Comme nous l’expliquions le 23 octobre, l’El Niño de 2026 ressemble à celui de 1997. Les indices mensuels de l’agence américaine de l’océan et de l’atmosphère, parus début novembre, vont plus loin.
Dans la région Niño-3.4, au centre-est du Pacifique, la mer a atteint 30,01 °C en moyenne en octobre, soit +3,25 °C au-dessus de la normale. C’est le plus fort écart mensuel depuis le début de cette série, en 1982. L’ancien record, +2,72 °C, datait de novembre 2015.
Près des côtes de l’Amérique du Sud, dans la région Niño-1+2, l’écart atteint +5,25 °C. En janvier, Niño-3.4 était encore sous la normale, à -0,54 °C.
Le mécanisme est connu : quand les vents qui poussent les eaux chaudes vers l’ouest du Pacifique faiblissent, ces eaux refluent vers le centre et l’est, et l’eau froide des profondeurs ne remonte plus.
Pourquoi l’indice officiel ne parle pas encore de record
Un record de +3,25 °C, et pourtant pas d’El Niño record ? Pour son suivi officiel, l’agence utilise désormais un autre indice, le RONI, ou indice océanique Niño relatif.
Le RONI part de l’écart de température de la région Niño-3.4, moyenné sur trois mois, puis en retranche l’écart de toute la bande tropicale, de 20° N à 20° S. Si tous les océans tropicaux se réchauffent ensemble, seul ce qui dépasse ce réchauffement général compte pour El Niño.
Sur août, septembre et octobre 2026, le RONI vaut 2,0 contre 2,1 en 1997 à la même saison : deuxième rang depuis 1950. L’agence précise que ses valeurs les plus récentes restent des estimations, révisables pendant deux mois.
Les deux chiffres sont justes. L’un mesure la chaleur de la mer, l’autre la force d’El Niño une fois retiré le réchauffement de tous les tropiques.
Suivre la chaleur des mers et El Niño
Le 3 novembre, la surface des océans restait à 20,92 °C, encore au plus haut pour la date. Les séries quotidiennes de Copernicus sont mises à jour chaque jour, avec quelques jours de décalage.
Le prochain bulletin mensuel américain sur El Niño est attendu le 12 novembre : c’est lui qui dira comment l’agence lit ces chiffres.
Sources
- Copernicus Climate Change Service, Climate Pulse, série ERA5 quotidienne de la température de surface de la mer entre 60° S et 60° N, fichier du 5 novembre 2026
- NOAA, Climate Prediction Center, Relative Oceanic Niño Index (RONI), mise à jour de novembre 2026
- NOAA, Climate Prediction Center, indices mensuels des régions Niño (OISST v2.1), fichier du 5 novembre 2026
- Photo de couverture : bouée TAO de la NOAA dans le Pacifique, NOAA Photo Library, CC BY 2.0, Wikimedia Commons ; graphique : geogir.fr, d’après les données de Copernicus

