Ce qu’il faut retenir
D’après la série quotidienne de Copernicus, octobre 2026 est le mois d’octobre le plus chaud mesuré sur la planète depuis 1940 : 15,35 °C en moyenne, 0,90 °C au-dessus de la normale 1991-2020 et 0,05 °C de plus qu’octobre 2023, l’ancien record.
Les chiffres du mois face aux octobres précédents, la place de cet écart parmi tous les mois mesurés, la fin de mois qui a tout changé, ce que ce record dit de l’année, puis la façon dont nous l’avons calculé.
Octobre 2026 devant 2023, 2024 et 2025
Au 22 octobre, nous décrivions la course qui se jouait à un centième de degré entre 2026 et 2023. Le mois est fini, et la série ERA5 de Copernicus tranche : une moyenne de 15,35 °C sur les 31 jours, qui fait d’octobre 2026 le plus chaud des 87 octobres mesurés depuis 1940.
| Rang | Mois | Température moyenne mondiale | Écart à la normale 1991-2020 |
|---|---|---|---|
| 1 | Octobre 2026 | 15,35 °C | +0,90 °C |
| 2 | Octobre 2023 | 15,30 °C | +0,85 °C |
| 3 | Octobre 2024 | 15,25 °C | +0,80 °C |
| 4 | Octobre 2025 | 15,14 °C | +0,70 °C |
| 5 | Octobre 2019 | 14,90 °C | +0,45 °C |
Les quatre octobres les plus chauds sont les quatre derniers. Le cinquième, celui de 2019, reste 0,45 °C sous 2026. Un autre étage.
Le deuxième plus fort écart de tous les mois depuis 1940
Chaque mois a sa propre normale : la planète est plus chaude en juillet qu’en janvier, parce que l’hémisphère nord, qui porte la plupart des terres, est alors en été. Pour comparer des mois différents, on regarde donc l’écart à la normale.
Avec +0,90 °C, octobre 2026 se classe deuxième sur les 1 042 mois de la série. Seul septembre 2023 avait fait plus, à +0,93 °C.
Que pèsent cinq centièmes de degré d’avance ? Cette moyenne mêle les pôles et les tropiques, le jour et la nuit, les terres et les océans. Elle bouge lentement, et c’est pour cela qu’un écart de quelques centièmes suffit à départager deux records.
Une fin de mois qui a fait la différence
Le mois avait mal commencé pour un record : du 1er au 5 octobre, 2026 restait derrière 2023 jour après jour. Puis la série s’est retournée.
Au total, 17 jours d’octobre 2026 détiennent le record de chaleur pour leur date : du 6 au 8, du 15 au 25, puis du 29 au 31. Les derniers jours d’octobre 2023 avaient été moins chauds, et c’est là que l’écart s’est creusé.
En toile de fond, il y a l’El Niño de 2026, ce réchauffement des eaux du Pacifique qui libère de la chaleur dans l’atmosphère et pousse la moyenne mondiale vers le haut.
Un mois record, pas encore une année record
Octobre est le deuxième mois record de 2026, après août. Septembre, lui, s’était classé deuxième derrière 2023, selon le bilan de Copernicus.
Sur l’ensemble de l’année, le tableau est différent. Du 1er janvier au 31 octobre, l’écart moyen à la normale atteint +0,65 °C en 2026, contre +0,71 °C sur la même période de 2024. De janvier à avril, 2026 ne se classait que quatrième ou cinquième, et ces mois pèsent encore.
Un mois record ne fait pas une année record.
Attendre le bilan officiel de Copernicus
Ce classement vient de notre calcul : la moyenne des 31 valeurs quotidiennes publiées par Climate Pulse, le tableau de bord du Copernicus Climate Change Service. Appliquée à septembre, la même méthode retombe exactement sur les chiffres du bilan officiel, 16,27 °C et +0,82 °C.
La valeur du 31 octobre est encore provisoire et peut bouger de quelques centièmes. Pour qu’octobre 2023 repasse devant, il faudrait qu’elle baisse de plus de 1,6 °C : le classement ne changera pas.
Le bilan mensuel d’octobre de Copernicus n’est pas encore paru. Celui de septembre avait été publié le 12 octobre : c’est lui qui donnera le chiffre officiel et l’écart à l’ère préindustrielle.
Sources
- Copernicus Climate Change Service, Climate Pulse, température moyenne mondiale quotidienne de l’air à 2 m (ERA5), données jusqu’au 31 octobre 2026 (provisoire), consultées le 2 novembre 2026
- Copernicus Climate Change Service, bulletins climatiques mensuels, bilan de septembre 2026 publié le 12 octobre 2026
- Photo de couverture (orages à l’horizon du Brésil, vus de la Station spatiale internationale, 6 octobre 2009) : NASA, équipage de l’Expédition 20, Wikimedia Commons, domaine public ; graphique : Geogir, d’après les données ERA5 de Copernicus
