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    Actualité 03/11/2026

    Florence : il y a 60 ans, l’Arno en crue à 4 000 m³/s, et ce qui a changé depuis

    437 mm de pluie en 48 h, l’Arno à 4 000 m³/s, 230 millions de m³ d’eau : pourquoi Florence a été noyée en 1966, et ce qui arriverait aujourd’hui.

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    Brève rédigée par la rédactionLe média des curieux du monde

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    Florence : il y a 60 ans, l'Arno en crue à 4 000 m³/s, et ce qui a changé depuis
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    Ce qu’il faut retenir

    Le 4 novembre 1966, vers 5 h 30, l’Arno arrive aux portes de Florence avec un débit d’environ 4 000 m³/s, après deux jours de pluie ininterrompue : quelque 230 millions de m³ d’eau envahissent la ville et sa plaine, selon l’Autorité de bassin de l’Arno. Soixante ans plus tard, le centre est mieux protégé, mais la périphérie, bâtie depuis, est plus exposée.

    Les chiffres de l’inondation de Florence en 1966, la pluie qui l’a déclenchée, les barrages accusés à tort, puis ce qui arriverait aujourd’hui.

    La crue la plus forte depuis 1333

    Depuis 1177, l’Arno a inondé Florence 56 fois. L’Autorité de bassin de l’Apennin septentrional range huit de ces crues parmi les plus ruineuses, et estime que la plus proche de 1966 est probablement celle de 1333, qui emporta le Ponte Vecchio pour la dernière fois.

    Frise des huit crues les plus destructrices de Florence depuis 1177 : 1333, 1547, 1557, 1589, 1740, 1758, 1844 et 1966

    Le premier pic, environ 4 000 m³/s, atteint la ville à 5 h 30, un second suit vers 14 h. Le chiffre reste une reconstitution, car la station de mesure de Nave di Rosano a été détruite par la crue.

    Les 230 millions de m³ répandus dans la ville et la plaine équivalent, pour se le représenter, à environ 92 000 bassins olympiques de 2 500 m³. Le bilan retenu par l’Autorité de bassin est de 35 morts, 17 à Florence et 18 dans le reste de la province.

    Deux jours de pluie sur des sols gorgés d’eau

    A-t-il plu sans arrêt pendant des jours, comme beaucoup s’en souviennent ? Non. L’automne avait été très arrosé, mais les quatre jours précédant le 3 novembre étaient secs. Ce sont deux jours de pluie intense et sans pause, les 3 et 4 novembre, qui ont fait déborder le fleuve.

    À Badia Agnano, dans le bassin de l’Ambra, un affluent du haut Arno, le pluviomètre a relevé 437,2 mm en 48 heures, une valeur jamais plus atteinte en Toscane. En amont, les débordements commencent dès le 3 novembre. Florence, elle, n’est pas prévenue : sa dernière crue remontait à 1844.

    Les barrages, accusés à tort

    Les jours suivants, une rumeur accuse les barrages de La Penna et de Levane, en amont, d’avoir été vidés au pire moment. L’expertise demandée par le parquet les a mis hors de cause. Des manoeuvres erronées ont bien eu lieu, mais elles ont retardé l’onde de crue, et même légèrement réduit le débit aux portes de la ville, d’environ 80 m³/s.

    Si la même pluie tombait aujourd’hui

    Une étude de l’université de Florence, du Consorzio LaMMA et de l’Autorité de bassin a rejoué 1966 avec les modèles actuels. L’alerte orange aurait été certaine, et la rouge, le plus haut niveau de la Région Toscane, probable. Une crue de l’Arno se prévoit aujourd’hui de façon raisonnablement fiable 36 à 48 heures à l’avance.

    Le centre est mieux armé : les radiers du Ponte Vecchio et du pont Santa Trinita ont été abaissés et les parapets relevés, ce qui laisse passer davantage d’eau. Mais la périphérie, largement bâtie près du fleuve après 1966, est plus exposée. Le plan de gestion du risque mise surtout sur des bassins d’expansion.

    Bon à savoir

    Un bassin d’expansion est une zone fermée, le long du fleuve, où l’on laisse entrer une partie de la crue pour écrêter son pic avant la ville. Draguer le lit, à l’inverse, accélérerait le courant et aggraverait le risque en aval.

    « Nous ne sommes plus exposés au même niveau de risque qu’il y a soixante ans », a résumé Gaia Checcucci, secrétaire générale de l’Autorité de bassin, le 2 novembre. Elle ajoute que le changement climatique apporte de nouveaux risques.

    Suivre l’Arno à la source

    En Toscane, les avis de crue viennent du Centre fonctionnel de la Région et du Consorzio LaMMA, et les consignes de la protection civile régionale. Ce sont eux qu’il faut suivre lors d’un épisode de pluie.

    Sources

    • Autorité de bassin de l’Apennin septentrional, « 10 domande sul passato, 10 sul presente », sur la crue du 4 novembre 1966 et le risque actuel
    • Autorité de bassin de l’Apennin septentrional, « Arno, a sessant’anni dall’alluvione », 2 novembre 2026
    • Photo de couverture (Ponte Vecchio et Arno, 2023) : Zairon, Wikimedia Commons, CC BY 4.0 ; frise : Geogir, d’après l’Autorité de bassin de l’Apennin septentrional

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