Ce qu’il faut retenir
Le cyclone Murasu a touché terre le 3 novembre 2026 au petit matin près d’Ongole, en Andhra Pradesh, avec des vents de 100 à 110 km/h selon le service météorologique indien. Six jours plus tôt, Arnab frappait la même côte de l’Inde, environ 250 km plus au nord. Le 4 au matin, Murasu n’était plus qu’une dépression au-dessus du Telangana.
Où Murasu est arrivé, comment le golfe du Bengale a pu fabriquer deux cyclones en une semaine, puis ce que l’IMD surveille encore.
Murasu a touché terre près d’Ongole
Murasu a franchi la côte sud de l’Andhra Pradesh tout près d’Ongole, entre 3 h 30 et 5 h 30, heure de l’Inde, le 3 novembre. Les vents soutenus atteignaient 100 à 110 km/h, rafales à 120 km/h, d’après le service météorologique indien, l’IMD. Une semaine plus tôt, c’était Arnab, qui avait touché terre près de Yanam le 28 octobre.
Copiez ce code dans votre page : cette carte s'affiche avec la mention « Carte : Geogir » et un lien vers cet article. Réutilisation libre, à condition de garder la mention et le lien (conditions).
Ongole et Yanam sont à environ 250 km à vol d’oiseau, selon notre calcul : à peu près Paris-Dijon. L’IMD classait Murasu en « tempête cyclonique sévère », un cran sous Arnab, « très sévère » à 130 km/h. Deux cyclones en six jours sur le même littoral.
De la haute mer à la côte en deux jours
Le 1er novembre à minuit UTC, les trajectoires provisoires de la NOAA situent le futur Murasu en plein golfe du Bengale, à environ 670 km des terres. Deux jours plus tard, son centre atteint l’Inde. Après Arnab, né le 25 octobre, c’est le deuxième cyclone baptisé de la saison dans le nord de l’océan Indien.
Est-ce inhabituel ? Pas la saison, qui suit la mousson d’octobre à décembre, la « post-mousson » de l’IMD. En 2024, Dana avait touché l’Odisha le 24 octobre, puis Fengal le Tamil Nadu le 30 novembre. Ce qui frappe en 2026, c’est l’écart de six jours sur un même État ; nous n’avons trouvé aucune statistique officielle de sa fréquence.
Pourquoi le golfe du Bengale en refait un aussitôt
Comment une mer peut-elle fabriquer deux cyclones en une semaine ? Le rapport de l’IMD du 3 novembre répond en chiffres : la surface du golfe était à 30 à 31 °C dans son sud-ouest, là où Murasu s’est renforcé.
Un cyclone ne se nourrit pas seulement de la surface. Le « potentiel thermique » de l’océan mesure la chaleur de toute la couche d’eau à plus de 26 °C, parfois épaisse de plusieurs dizaines de mètres. Plus il est élevé, mieux le cyclone résiste à l’eau froide qu’il remonte en brassant la mer.
Ce potentiel atteignait 130 à 160 kJ/cm² dans le sud-ouest du golfe, contre 90 à 110 sur l’essentiel du bassin. Le cisaillement, cet écart de vent entre le bas et le haut de l’atmosphère qui peut décapiter un cyclone, restait faible à modéré.
S’y ajoutait l’oscillation de Madden-Julian, une vaste zone d’orages qui fait le tour des tropiques en un à deux mois. Sa phase active au-dessus de la région allait « continuer de soutenir l’activité convective », écrivait l’IMD.
Des sols déjà gorgés d’eau dans le delta du Godavari
Le 4 novembre, l’IMD signalait encore un risque de crues éclair faible à modéré dans quatre districts, Eluru, Godavari-Est, Godavari-Ouest et Konaseema, où l’eau peut ruisseler sur des sols « entièrement saturés ».
Trois d’entre eux forment le delta du Godavari, que le gouvernement de l’Andhra Pradesh comptait parmi les zones les plus touchées par Arnab. La pluie de Murasu y tombe six jours après la sienne.
Aucun bilan humain officiel n’était publié au matin du 4 novembre : les chiffres qui circulent dans la presse indienne restent à confirmer.
Suivre la fin de Murasu auprès de l’IMD
Le 4 novembre à 5 h 30, heure de l’Inde, Murasu n’était plus qu’une dépression à 30 km au sud de Khammam, dans le Telangana, appelée à devenir une simple zone de basse pression dans la journée.
L’IMD ne prévoyait aucune nouvelle dépression dans le golfe du Bengale pour les sept jours suivants. Sur place, les consignes à suivre restent celles des autorités indiennes.
Sources
- India Meteorological Department, Cyclone Warning Division, rapport du programme de prévision des cyclones du 3 novembre 2026 et bulletin national n° 27 du 4 novembre 2026
- NOAA NCEI, IBTrACS v04r01, trajectoires provisoires d’Arnab et de Murasu, données du 4 novembre 2026
- India Meteorological Department, revue MAUSAM, « Post monsoon season (October-December 2024) »
- All India Radio (News On AIR), dépêche du 3 novembre 2026 sur l’atterrissage de Murasu
- Image de couverture : Murasu vu par l’instrument VIIRS du satellite Suomi NPP le 2 novembre 2026, NASA Worldview, domaine public ; carte : geogir.fr, trajectoires NOAA IBTrACS, villes d’après Wikidata, fond Natural Earth
