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    Carte de la Méditerranée : mers, détroits, îles et fonds, avec une carte muette

    Carte de la Méditerranée et sa version muette : ses limites officielles, ses huit mers, ses détroits, ses grandes îles, ses fonds et ses cartes anciennes.

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    Article rédigé par la rédactionLe média des curieux du monde

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    Carte de la Méditerranée : mers, détroits, îles et fonds, avec une carte muette
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    Ce qu’il faut retenir

    La Méditerranée est une mer presque fermée de 2,51 millions de km², longue de 3 860 km, entre l’Europe, l’Afrique et l’Asie. Elle s’ouvre sur l’Atlantique par le détroit de Gibraltar, large de 14,3 km, et s’arrête à l’entrée des Dardanelles et du canal de Suez. L’Organisation hydrographique internationale y distingue deux bassins et huit subdivisions.

    D’abord la carte, légendée puis muette, ensuite la manière de la lire : ses limites, ses bassins et ses mers, ses détroits, ses îles, ses fonds, et sept siècles de cartes marines.

    La Méditerranée sur une carte

    La carte ci-dessous se lit d’ouest en est. À gauche, le détroit de Gibraltar, seule ouverture naturelle sur l’océan. Au centre, la Sicile et la Tunisie se font face et coupent la mer en deux bassins. À droite, la mer Égée et ses îles, puis le canal de Suez au sud-est.

    Carte de la Méditerranée : les huit mers de l'Organisation hydrographique internationale, les deux bassins, les détroits, les grandes îles et la fosse Calypso

    Aucune frontière n’y figure, volontairement : seules l’eau et les terres sont dessinées, avec les trois rives, européenne, africaine et asiatique. On y lit d’un coup d’œil ce que dit le nom latin, mare Mediterraneum : la « mer au milieu des terres ».

    L’ensemble couvre 2,51 millions de km², soit environ quatre fois et demie la France métropolitaine, et 46 000 km de littoral. C’est pourtant à peine 0,66 % de l’océan mondial, comme le montre notre carte des mers et des océans.

    La carte muette à imprimer

    Voici le même fond, sans aucun nom : une carte à imprimer après l’avoir enregistrée. Pour vous entraîner, placez-y les cinq grandes îles, quatre mers et trois détroits, puis comparez avec la carte légendée.

    Carte muette de la Méditerranée, côtes seules sans aucun nom, à imprimer

    Où commence et où finit la Méditerranée

    Les limites des mers ne relèvent pas de l’œil du dessinateur : elles sont fixées par l’Organisation hydrographique internationale (OHI). Sa publication de référence, « Limites des océans et des mers », borne la Méditerranée par une ligne entre le cap Trafalgar, en Espagne, et le cap Spartel, au Maroc. À l’est, elle s’arrête à l’entrée des Dardanelles et à celle du canal de Suez.

    Conséquence directe : la mer de Marmara et la mer Noire, que beaucoup de cartes colorient du même bleu, sont pour l’OHI des mers distinctes. Du nord au sud, la Méditerranée va du fond du golfe de Trieste, en Italie, au fond du golfe de Syrte, en Libye.

    Deux bassins et huit mers

    Entre la Sicile et la Tunisie, des hauts-fonds séparent deux bassins profonds. L’OHI trace leur limite du cap Lilibeo, pointe ouest de la Sicile, au cap Bon, en Tunisie, en passant par le banc d’Aventure. Le bassin occidental couvre environ un tiers de la superficie, le bassin oriental le reste. Chacun se découpe ensuite en mers.

    Subdivision de l’OHIBassinOù la trouver
    Détroit de GibraltarOccidentalEntre l’Espagne et le Maroc
    Mer d’AlboranOccidentalJuste après Gibraltar, entre l’Andalousie et le Maroc
    Mer des BaléaresOccidentalEntre les îles Baléares et la côte espagnole
    Mer de LigurieOccidentalAu nord de la Corse, devant Gênes
    Mer TyrrhénienneOccidentalEntre la Corse, la Sardaigne, la Sicile et l’Italie
    Mer IonienneOrientalEntre le sud de l’Italie, la Sicile et la Grèce
    Mer AdriatiqueOrientalEntre l’Italie et les Balkans
    Mer ÉgéeOrientalEntre la Grèce et la Turquie

    D’autres noms circulent sur les cartes courantes : mer de Sardaigne, mer de Crète, bassin Levantin, golfe du Lion. Ils désignent des parties de ces ensembles ou des bassins décrits par les géographes, mais ne figurent pas parmi les huit subdivisions de l’OHI.

    Les détroits, portes de la mer

    Une mer aussi fermée ne communique avec le reste du monde que par quelques passages étroits. À l’ouest, le détroit de Gibraltar ne mesure que 14,3 km au plus étroit. Au sud-est, le canal de Suez, creusé par l’homme et ouvert en 1869, la relie à la mer Rouge.

    Au nord-est, les Dardanelles mènent à la mer de Marmara puis, par le Bosphore, à la mer Noire.

    À l’intérieur, d’autres passages font communiquer les mers entre elles : les bouches de Bonifacio entre la Corse et la Sardaigne, le détroit de Messine entre la Sicile et la Calabre, le canal d’Otrante à l’entrée de l’Adriatique.

    Le plus large, le canal de Sicile, sépare les deux bassins : 138 km seulement entre le cap Granitola et le cap Bon, contre 800 km plus au nord, entre Gênes et Bizerte.

    Les plus grandes îles

    Le bassin compterait plus de 10 000 îles, dont 2 217 dépassent un hectare, selon une base de données scientifique publiée en 2024. Cinq dominent largement la carte.

    ÎleSuperficieBassin
    Sicile25 834 km²Entre les deux
    Sardaigne24 100 km²Occidental
    Chypre9 251 km²Oriental
    Corse8 681 km²Occidental
    Crète8 312 km²Oriental
    Bon à savoir

    La Corse, quatrième île de Méditerranée, ne pèse qu’un tiers de la Sicile : 8 681 km² contre 25 834. Viennent ensuite l’Eubée, en Grèce, et Majorque, aux Baléares, toutes deux autour de 3 650 km².

    Ce que la carte ne montre pas : les fonds

    Sous sa surface uniforme, la Méditerranée est une mer profonde : 1 500 m en moyenne. Sa profondeur maximale, à la fosse Calypso, atteint 5 267 m en mer Ionienne, au large du Péloponnèse. Non loin, la fosse de Matapan descend à 5 121 m. La mer Tyrrhénienne, elle, plonge jusqu’à 3 731 m.

    Ce sont ces fonds, et non la forme des côtes, qui dessinent les deux bassins : entre la Sicile et la Tunisie, le seuil remonte en hauts-fonds. Les marées, elles, restent faibles : on y voit rarement la mer se retirer comme sur les côtes de l’Atlantique.

    Une mer qui s’est vidée

    Il y a environ 6 millions d’années, la poussée de l’Afrique contre l’Eurasie a fermé le passage de Gibraltar. Coupée de l’océan Atlantique, la Méditerranée a vu de vastes portions de son bassin s’assécher.

    Cet épisode, la crise de salinité messinienne, a duré de 5,97 à 5,33 millions d’années et laissé des dépôts de sel et de gypse jusqu’à 3 km d’épaisseur, d’après le CNRS.

    Puis le seuil de Gibraltar aurait cédé brusquement, et l’Atlantique aurait rempli à nouveau le bassin en quelques années à peine. Le Dessous des Cartes raconte cette naissance, avec les grandes dimensions de la mer, avant de passer à ses fragilités actuelles.

    Sept siècles de cartographie de la Méditerranée

    La carte pisane, tracée sur un parchemin de 48 × 103 cm à la fin du XIIIe siècle et conservée à la BnF, ne s’écarte de la réalité que d’un degré environ, soit 90 km. Elle est longtemps passée pour le plus ancien portulan, ces cartes marines dites à rhumbs ; la carte dite d’Avignon serait plus ancienne encore.

    Une carte ancienne n’allait pas toujours en mer. Celle que l’atelier de François Ollive dessine à Marseille en 1662, ornée de sirènes, de monstres marins et de combats navals, était un document d’apparat pour des marchands aisés, explique la Bibliothèque nationale de France. Elle se consulte en ligne, sur Gallica.

    Aujourd’hui, pour les eaux françaises, les cartes marines officielles sont produites par le Shom, le service hydrographique de la Marine, sur papier et en version électronique. Ce sont elles qui assurent la sécurité de la navigation, pas une carte de géographie.

    Choisir la bonne carte de la Méditerranée

    Quelle carte prendre ? Tout dépend de ce que vous voulez en faire :

    • pour apprendre ou faire réviser, la carte muette ci-dessus, à remplir puis comparer ;
    • pour situer une mer, une île ou un détroit, la carte légendée du début de l’article ;
    • pour naviguer, une carte marine officielle à jour, comme celles du Shom ;
    • pour le plaisir des yeux, les cartes anciennes numérisées par la Bibliothèque nationale de France sur Gallica.

    Sources

    • Organisation hydrographique internationale, « Limites des océans et des mers », publication spéciale n° 23, 3e édition, 1953
    • Bibliothèque nationale de France, « Carte de la Méditerranée, Marseille (1662) par François Ollive »
    • CNRS Le journal, « Quand la Méditerranée s’est vidée », Morgane Gillard, 19 novembre 2024
    • Shom, page « Production » ; Wikipédia, notices « Mer Méditerranée », « Carte pisane » et « Portulan » ; Wikipedia en anglais, « List of islands in the Mediterranean »
    • Cartes : dessinées par Geogir à partir des côtes Natural Earth (domaine public) et des limites de l’OHI
    • Photo de couverture : la Méditerranée vue par satellite, image NASA World Wind retouchée par Eric Gaba, domaine public (Wikimedia Commons)

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