Ce qu’il faut retenir
Le mont Blanc culmine à 4 807,47 mètres, selon la mesure des géomètres-experts de Haute-Savoie réalisée le 17 septembre 2026 et dévoilée le 14 octobre. C’est 1,88 m de plus qu’en 2023. Son sommet est une calotte de neige et de glace que le vent et les chutes de neige redessinent : la roche, dessous, ne bouge pas.
Le plus haut sommet des Alpes a repris presque deux mètres en trois ans, alors que les glaciers reculent. Voici la mesure, la série complète, puis ce qui fait monter et descendre le sommet.
4 807,47 mètres, mesurés le 17 septembre
L’altitude a été relevée par les géomètres-experts de Haute-Savoie, qui montent au sommet chaque année depuis 2001. Partie de Saint-Gervais le 15 septembre, l’équipe a pris ses mesures le 17 au lever du jour, pendant environ deux heures. Les résultats ont été présentés le 14 octobre à Saint-Gervais.
Trois techniques se complètent. Une antenne GNSS, une sorte de GPS de haute précision, fixe la position du point culminant. Un drone a pris plus de 1 300 photos pour modéliser la calotte en 3D, soit plus de 15 millions de points. Un géoradar sonde enfin la glace jusqu’à la roche.
Les mesures année par année
Les géomètres mesurent chaque année mais ne publient pas toujours leurs résultats. Le 14 octobre, ils ont aussi dévoilé les mesures de 2024 et de 2025, restées jusque-là confidentielles.
| Année | Altitude mesurée | Écart avec la ligne précédente |
|---|---|---|
| 2021 | 4 807,81 m | |
| 2023 | 4 805,59 m | −2,22 m |
| 2024 | 4 808,51 m | +2,92 m |
| 2025 | 4 808,76 m | +0,25 m |
| 2026 | 4 807,47 m | −1,29 m |
Lue d’un bloc, la série change le sens de l’annonce. Le sommet a regagné dès 2024 tout ce qu’il avait perdu entre 2021 et 2023. Par rapport à 2025, il a même perdu 1,29 m. Sur six ans, l’écart entre la mesure la plus basse et la plus haute dépasse 3 mètres. Le record de la série reste celui de 2007 : 4 810,90 m.
Pourquoi l’altitude du mont Blanc change
Pourquoi un sommet changerait-il de taille ? Parce que le point culminant du mont Blanc n’est pas de la roche : c’est une calotte de neige et de glace. Le vent la sculpte comme une dune, les chutes de neige l’épaississent, le soleil l’use. D’une année à l’autre, le sommet mesuré bouge en hauteur, et même un peu en position.
Sous cette calotte, le sommet rocheux se trouve une quinzaine à une vingtaine de mètres plus bas, décalé vers l’ouest. Quant aux 4 810 m longtemps imprimés dans les manuels scolaires, ils viennent de mesures anciennes : un repère commode, pas l’altitude d’aujourd’hui.
Un sommet plus haut, des glaciers qui fondent quand même
Une calotte plus épaisse au sommet ne dit rien de la santé des glaciers plus bas, qui continuent de reculer. À près de 4 800 m, l’air reste glacial toute l’année : la neige s’y entasse ou s’envole, sans fondre comme en vallée. Le glaciologue Luc Moreau décrit un sommet « encore froid, pas encore trop modifié par le climat ».
Les géomètres restent prudents. Ils observent une tendance à la baisse sur 25 ans, mais estiment qu’« il manque 25 ans de mesures pour dire si ça baisse ». La prochaine mesure publique est annoncée dans trois ans.
Retenir le bon chiffre
Pour citer l’altitude du mont Blanc aujourd’hui, la réponse est 4 807,47 m, mesurée en septembre 2026, soit 4 807 m une fois arrondie. Le réflexe le plus sûr est de donner l’année avec le chiffre : d’une campagne à l’autre, il peut varier de plusieurs mètres.
Sources
- Géomètres-experts de Haute-Savoie, résultats de la campagne de mesure 2026 présentés le 14 octobre 2026 à Saint-Gervais
- Le Faucigny, Actumontagne et Le Parisien, 14 octobre 2026 ; Alpine Mag, 15 octobre 2026

