Tendances

    Changement d’heure : dimanche 25Mont Blanc : 4 807,47 mComparer la taille des paysMers et océans

    Rubriques

    Curiosités du mondePays, villes et frontièresMerveilles naturellesPlanète et climatÉcologie et énergieCartes et repèresGlossaire

    Actualité 31/10/2026

    Antarctique : le sol gelé de la vallée de Taylor rejette cinq fois plus de CO2 qu’en 2020

    De 1,73 à 9,49 g de CO2 par m² et par jour entre 2020 et 2025 dans la vallée de Taylor : ce que mesure l’étude, et ce qu’elle ne dit pas du réchauffement.

    Résumer cet article avec :

    ChatGPTMistralClaudePerplexityGrok
    Brève rédigée par la rédactionLe média des curieux du monde

    Publié le

    Temps de lecture : 3 minutes

    Antarctique : le sol gelé de la vallée de Taylor rejette cinq fois plus de CO2 qu'en 2020
    Transparence : Geogir écrit ses articles avec l'aide de l'IA.En savoir plus

    L'IA nous aide à rechercher et à rédiger. Chaque chiffre, date ou record est vérifié à sa source, et chaque article passe nos contrôles avant sa publication. Notre méthode.

    Ce qu’il faut retenir

    Dans la vallée de Taylor, l’une des vallées sèches de McMurdo en Antarctique, le CO2 qui s’échappe du pergélisol est passé de 1,73 g par mètre carré et par jour en 2020 à 9,49 g en 2025, soit environ 5,5 fois plus. Ce carbone vient surtout des profondeurs, et les chercheurs ne peuvent pas encore relier cette hausse au réchauffement.

    Ce qu’ont mesuré les équipes italiennes et néo-zélandaises, d’où vient ce gaz, ce que l’étude ne permet pas de conclure, puis pourquoi ces vallées sont une fenêtre rare sur le sol antarctique.

    Un sol qui dégaze cinq fois plus en cinq ans

    Les chercheurs sont revenus trois fois dans la vallée, en 2020, en 2023 et en 2025. À chaque campagne, ils ont posé sur le sol une chambre d’accumulation, une cloche qui recueille le gaz sortant de terre, pour mesurer le flux de dioxyde de carbone.

    Graphique : flux de CO2 du sol de la vallée de Taylor, en Antarctique, moyenne de 1,73 à 9,49 g par m² et par jour et maximum de 11,36 à 72,99 g entre 2020 et 2025

    Le flux moyen a grimpé de 1,73 à 9,49 g par mètre carré et par jour. Le point le plus actif est passé de 11,36 à 72,99 g. La hausse ne tient donc pas à quelques taches isolées : elle touche les valeurs extrêmes comme l’ensemble des mesures, selon le communiqué de l’INGV, l’institut italien de géophysique et de volcanologie, publié le 20 octobre.

    La zone suivie couvre près de 22 km², environ un cinquième de la superficie de Paris. L’étude, signée par des équipes du CNR, de l’INGV et des universités d’Otago et de Waikato, en Nouvelle-Zélande, est parue dans la revue Global Biogeochemical Cycles.

    Un carbone venu des profondeurs

    D’où sort ce gaz ? Pas des microbes de surface, pour l’essentiel. Les analyses du CO2 et du méthane portent une signature isotopique, une sorte d’empreinte chimique de leur origine, qui désigne une source géologique profonde.

    Sous la vallée, le pergélisol n’est pas un bloc uniforme. Il recouvre des poches d’eau très salée et un réseau serré de roches et d’eaux souterraines. Des études géophysiques y avaient déjà repéré des fluides, de véritables « autoroutes » par lesquelles le gaz peut remonter, puis traverser le sol gelé jusqu’à l’air libre.

    Ce que l’étude ne permet pas de dire

    Faut-il y voir le signe d’un pergélisol qui dégèle sous l’effet du réchauffement, comme dans l’Arctique ? Les auteurs refusent de le conclure. La température du sol, sa teneur en eau et l’épaisseur de la couche qui dégèle l’été n’ont pas été mesurées à chaque campagne : aucun lien de cause ne peut être établi.

    Le chemin exact du gaz reste lui aussi inconnu, tout comme l’étendue et la durée du phénomène. En janvier 2023, après la première campagne, le CNR évoquait un dégazage favorisé par le réchauffement et possible le long des 24 000 km de côtes du continent ; l’étude de 2026 ne va pas jusque-là. Ces autres sources n’ont toujours pas été mesurées.

    Les vallées sèches, une fenêtre sur le sol antarctique

    Sur un continent presque entièrement couvert de glace, les terres nues sont rares : 0,22 % de la surface, environ 30 900 km², d’après une carte publiée en 2020 dans The Cryosphere. Sous presque toutes, le sol est gelé en permanence. C’est ce pergélisol antarctique, à l’air libre, que l’on peut mesurer ici.

    Les vallées sèches de McMurdo en sont l’un des plus grands ensembles, à une centaine de kilomètres des stations de McMurdo et de Scott Base. Ailleurs, la roche ne se montre que par endroits, comme sur l’île Vega, privée de neige cette année.

    Suivre les prochaines campagnes

    Pour trancher, les auteurs demandent des suivis à chaque saison et sur plusieurs années, avec la température et l’eau du pergélisol et des relevés géophysiques. D’ici là, la vallée de Taylor montre surtout une chose : le sol antarctique échange aussi du carbone avec les profondeurs, pas seulement avec l’air.

    Sources

    • INGV, « Dal permafrost emerge carbonio geologico profondo », 20 octobre 2026
    • AGU, « Antarctic permafrost has sprung an unexpected greenhouse gas leak », 29 octobre 2026
    • Obu et al., « Pan-Antarctic map of near-surface permafrost temperatures at 1 km² scale », The Cryosphere, 7 février 2020
    • « Rapid Increase in Geogenic CO₂ Emissions from Antarctic Permafrost », Global Biogeochemical Cycles, 2026, DOI 10.1029/2026GB009134 ; CNR, actualité sur la campagne 2019-2020 dans la vallée de Taylor, 26 janvier 2023
    • Photo de couverture (vue aérienne de la vallée de Taylor, 2014) : Peter Rejcek, National Science Foundation, domaine public ; graphique : Geogir, d’après l’INGV

    Pour aller plus loin

    Réagir à cet article

    Chaque réaction est lue par la rédaction avant publication.

    Partager

    Rejoignez la communauté Geogir

    Records, cartes, merveilles du monde : inscrivez-vous pour faire partie des curieux de la première heure.

    100 % gratuit · Zéro spam · Désinscription en un clic

    La rédaction de Geogir

    La rédaction de Geogir vérifie chaque record, chaque altitude et chaque superficie auprès de l'organisme qui les mesure, cite ses sources et dit quand une idée reçue ne tient pas.

    Comment nous écrivons nos articles