Ce qu’il faut retenir
Début octobre 2026, la banquise de l’Antarctique est descendue sous ses records de faiblesse pour la date, selon le centre américain de données sur la neige et la glace (NSIDC). Au 16 octobre, elle couvre 16,2 millions de km², deuxième plus bas niveau pour ce jour depuis les débuts du suivi satellite, à 2 millions de km² sous la moyenne 1981-2010.
Voici les chiffres de ces records, la place du maximum de septembre, les mers où la glace de mer manque, ce que mesure l’étendue de la banquise antarctique, et comment suivre la suite.
Sept jours sous les records de 2023
En 2023, la glace de mer autour du continent blanc était tombée à des niveaux jamais vus. 2026 vient de passer dessous : d’après la série quotidienne du centre, l’étendue est passée sous le niveau de 2023 pour la date sept fois entre le 29 septembre et le 9 octobre.
| Date | 2026 (millions de km²) | 2023 (millions de km²) | Rang de 2026, du plus bas au plus haut |
|---|---|---|---|
| 2 octobre | 16,650 | 16,850 | 1er sur 44 années |
| 9 octobre | 16,563 | 16,597 | 1er sur 44 années |
| 16 octobre (provisoire) | 16,225 | 16,203 | 2e sur 44 années |
Le 2 octobre, l’écart atteignait 200 000 km² sous l’ancien record. Depuis le 10 octobre, 2026 repasse juste derrière 2023 : le 16, à peine 22 000 km² les séparent.
Face à la moyenne 1981-2010, le manque se compte en millions : 1,98 million de km² de glace en moins le 16 octobre, plus de trois fois et demie la France métropolitaine.
Un maximum de septembre parmi les plus faibles
Ce plongeon prolonge un hiver austral médiocre. La banquise a atteint son maximum le 14 septembre, à 17,59 millions de km², le troisième plus faible relevé par satellite si la date se confirme. Il passe sous celui de 2025, 17,81 millions de km², qui tenait jusque-là cette troisième place.
Le contraste avec le passé est net. De 1979 à 2014, la banquise antarctique gagnait environ 1 % par décennie, d’après la NASA. Depuis 2016, elle reste le plus souvent sous la normale, malgré quelques rebonds, et 2023 a établi le minimum comme le maximum les plus bas jamais mesurés.
« Cela s’inscrit dans la continuité d’une étendue inférieure à la moyenne en toutes saisons pendant la majeure partie de la dernière décennie », résume le glaciologue Ted Scambos. Une mauvaise année n’est plus une exception.
Où la glace manque, et ce que mesure l’étendue
Après le maximum, la glace a surtout reculé dans les mers de Ross et d’Amundsen, face au Pacifique, et dans le secteur indien de l’océan Austral.
Que mesure-t-on au juste quand on parle d’étendue ? Pas la surface de glace elle-même. Les satellites comptent comme englacée toute zone de mer couverte à au moins 15 % de glace, puis additionnent ces zones.
Leurs capteurs lisent les micro-ondes émises par la glace, plus fortes que celles de l’eau libre, et voient à travers les nuages : le relevé est quotidien, quelle que soit la météo.
La banquise est de l’eau de mer gelée, épaisse de quelques mètres au plus, qui se forme chaque hiver et fond en grande partie l’été. La calotte glaciaire, ou inlandsis, est la glace d’eau douce posée sur le continent, accumulée par la neige pendant des millénaires. Un record de l’une ne dit rien de l’autre.
Suivre la banquise jusqu’à l’été austral
La courbe de l’étendue est mise à jour chaque jour, et ses derniers points restent provisoires : celui du 17 octobre, incomplet, avec des données manquantes sur une partie de la zone, n’est pas retenu ici. La banquise va maintenant fondre jusqu’à son minimum, en février. Un bilan paraît aussi chaque mois : celui de septembre est sorti le 7 octobre.
Sources
- NSIDC, « « Stranger Things » in the 2026 Arctic », analyse mensuelle, 7 octobre 2026
- NSIDC, maximum de la banquise antarctique 2026, communiqué du 23 septembre 2026
- NASA Earth Observatory, « Antarctic Sea Ice Grows to Its 2026 Maximum », 12 octobre 2026
- NSIDC, Sea Ice Index version 4, étendue quotidienne de la banquise de l’hémisphère sud, fichier du 19 octobre 2026 (données jusqu’au 17 octobre)
- Graphique : Geogir, d’après les données du NSIDC
