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    Actualité 23/10/2026

    Tibet : le séisme de magnitude 7 vient d’un plateau qui s’étale sous son propre poids

    Magnitude 7 le 22 octobre 2026 à plus de 4 800 m : l’USGS y lit une faille normale, signe d’un plateau qui s’étale d’est en ouest, comme du miel.

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    Tibet : le séisme de magnitude 7 vient d'un plateau qui s'étale sous son propre poids
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    Ce qu’il faut retenir

    Le séisme de magnitude 7 qui a frappé le Tibet le 22 octobre 2026 n’est pas né d’un choc frontal entre plaques, mais d’une faille normale : selon l’USGS, le service géologique des États-Unis, le plateau tibétain, le plus haut du monde, s’étale d’est en ouest sous son propre poids, et la croûte s’est ouverte à 18 km de profondeur.

    Ce qui s’est passé lors du séisme au Tibet jeudi soir, ce qu’est une faille normale, pourquoi un plateau poussé par l’Inde s’étire, puis ce que la région a déjà connu.

    Ce qui s’est passé jeudi soir

    La terre a tremblé le jeudi 22 octobre à 22 h 33, heure de Pékin, soit 16 h 33 à Paris, dans le comté de Baqen, qui dépend de la ville de Nagqu. Le service géologique américain place l’épicentre à 191 km à l’est-nord-est de Nagqu, à 18 km de profondeur ; le réseau sismique chinois l’estime à 10 km.

    Carte du plateau tibétain : épicentre du séisme du 22 octobre 2026 au nord-est de Nagchu, séisme de 2010 plus à l'est, flèches de l'étirement est-ouest et de la poussée de la plaque indienne

    Autour de l’épicentre, l’altitude moyenne dépasse 4 800 m : la rupture s’est produite sous un sol perché à peu près à la hauteur du sommet du mont Blanc, mesuré à 4 807 m en 2026.

    Au matin du 23 octobre, les autorités de Nagqu, citées par l’agence officielle Xinhua, faisaient état d’un bilan provisoire de 16 morts et 54 blessés, et de plus de 330 maisons effondrées ou endommagées.

    Une faille qui s’ouvre au lieu de se chevaucher

    Le tenseur des moments, la signature du mouvement lue dans les ondes sismiques, ne laisse guère de doute. La rupture s’est faite sur une faille de la croûte inclinée vers le nord-ouest ou le sud-est, et les deux blocs se sont écartés.

    Bon à savoir

    Une faille normale joue quand la croûte est étirée : le bloc posé sur le plan incliné glisse vers le bas, et le sol s’allonge. Une faille inverse fait le contraire, sous compression : un bloc monte sur l’autre, comme au pied de l’Himalaya, où la plaque indienne passe sous l’Asie.

    Un séisme de cette taille ne casse pas un point. Une faille normale de magnitude 7 rompt en général sur environ 50 km de long et 20 km de large : le point des cartes n’est que l’endroit où la rupture a commencé.

    Pourquoi le toit du monde s’étire

    Comment une région écrasée par l’Inde peut-elle se fendre comme si on la tirait ? Tout part de la collision. En s’enfonçant sous l’Eurasie, la plaque indienne a soulevé l’Himalaya et le plateau tibétain.

    Mais un relief aussi haut pèse. Sous l’effet de la gravité, le plateau s’étale aujourd’hui vers l’est et vers l’ouest, comme du miel qui s’aplatit après avoir été versé de la bouteille, selon l’image des géologues américains. Cet étirement passe surtout par des failles qui coulissent à l’horizontale et par des failles normales, comme celle du 22 octobre.

    Le plateau est donc comprimé du sud au nord et étiré d’est en ouest, en même temps.

    Un plateau habitué aux grands séismes

    Depuis 1900, 29 séismes de magnitude 7 ou plus ont secoué le plateau tibétain et ses bordures. Le 13 avril 2010, un séisme de magnitude 6,9, à 272 km à l’est-nord-est de celui de jeudi, avait fait plus de 2 500 morts.

    Le plateau est peu peuplé, et l’impact d’un séisme y dépend surtout de la distance entre la faille rompue et les villages. Environ 111 000 personnes ont ressenti des secousses modérées à sévères jeudi soir, selon l’estimation américaine, qui place aussi la zone en alerte orange pour les glissements de terrain.

    Suivre les répliques et les bulletins officiels

    Des répliques, parfois fortes, peuvent suivre un séisme de cette taille. Sur place, les autorités annoncent moins 9 °C et de la neige près de l’épicentre samedi : la fiche de l’événement du service géologique américain et les communiqués des autorités de Nagqu restent la référence pour suivre la situation.

    Sources

    • USGS, « M 7.0 – 191 km ENE of Nagqu, China », fiche de l’événement, résumé tectonique et estimations PAGER, 22 octobre 2026
    • USGS, « M 6.9 – 233 km NNW of Qamdo, China », fiche du séisme du 13 avril 2010
    • Autorités de la ville de Nagqu, bilan au 23 octobre 2026 à 7 h, heure de Pékin, cité par l’agence Xinhua
    • Photo de couverture (steppe du comté de Nagqu, 2007) : Luo Shaoyang, Wikimedia Commons, CC BY 2.0 ; carte : Geogir, séismes USGS, villes Wikidata, fond Natural Earth

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