Tendances

    Mont Blanc : 4 807,47 mComparer la taille des paysMers et océansCartes

    Rubriques

    Curiosités du mondePays, villes et frontièresMerveilles naturellesPlanète et climatÉcologie et énergieCartes et repèresGlossaire

    Actualité 22/10/2026

    Nouvelle-Guinée : des feux record sur une île asséchée par El Niño

    Près de 32 mégatonnes de carbone au 19 octobre : les feux de Papouasie-Nouvelle-Guinée battent leur record. Sécheresse, El Niño et défrichement.

    Résumer cet article avec :

    ChatGPTMistralClaudePerplexityGrok
    Brève rédigée par la rédactionLe média des curieux du monde

    Publié le

    Temps de lecture : 3 minutes

    Nouvelle-Guinée : des feux record sur une île asséchée par El Niño
    Transparence : Geogir écrit ses articles avec l'aide de l'IA.En savoir plus

    L'IA nous aide à rechercher et à rédiger. Chaque chiffre, date ou record est vérifié à sa source, et chaque article passe nos contrôles avant sa publication. Notre méthode.

    Ce qu’il faut retenir

    En Papouasie-Nouvelle-Guinée, les feux de 2026 avaient déjà rejeté près de 32 mégatonnes de carbone au 19 octobre, plus que toute autre année à cette date selon la Global Fire Emissions Database (GFED). La moitié indonésienne de l’île dépasse 35 mégatonnes. Une sécheresse liée à El Niño a préparé le terrain, les hommes ont allumé les feux.

    Les incendies de Papouasie en chiffres, la sécheresse qui les explique, leur origine, puis jusqu’à quand ils devraient durer.

    Une île, deux pays, deux records de fumée

    La Nouvelle-Guinée, deuxième plus grande île du monde, est partagée en deux : la Papouasie-Nouvelle-Guinée à l’est, la Papouasie indonésienne à l’ouest. En septembre et en octobre 2026, les deux moitiés ont brûlé, et la fumée a recouvert de larges zones pendant des semaines.

    Carte de la Nouvelle-Guinée : la Papouasie indonésienne à l'ouest, plus de 35 mégatonnes de carbone rejetées par les feux en 2026, la Papouasie-Nouvelle-Guinée à l'est, près de 32 mégatonnes au 19 octobre, et la région du Trans-Fly, plus de 90 jours sans pluie

    À l’est, la GFED, qui estime depuis près de trente ans les émissions des feux à partir des satellites, compte près de 32 mégatonnes de carbone au 19 octobre. Aucune autre année n’avait atteint ce niveau à cette date, et le total de toute l’année 2015 est déjà largement dépassé.

    Guido van der Werf, le chercheur de l’université de Wageningen qui a conçu cette base, juge très probable que 2026 batte le record annuel, celui de 1997.

    À l’ouest, les feux de la Papouasie indonésienne dépassent 35 mégatonnes : le troisième niveau mesuré, derrière 2015 et 1997, deux autres années d’El Niño.

    Bon à savoir

    Une mégatonne, c’est un million de tonnes. La GFED compte le carbone lui-même, pas le CO2 : en brûlant, chaque tonne de carbone se lie à l’oxygène de l’air et forme environ 3,7 tonnes de dioxyde de carbone.

    Plus de 90 jours sans pluie dans le sud

    Pourquoi une île couverte de forêts tropicales humides brûle-t-elle autant ? Parce que, cette année, la pluie n’est pas venue.

    El Niño, ce réchauffement périodique du Pacifique, déplace les zones de pluie autour de l’océan. En 2026, c’est un El Niño fort, celui qui pousse aussi la température mondiale vers des records, et la Nouvelle-Guinée se retrouve du côté sec.

    Le sud de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, couvert de savanes et de prairies qui s’enflamment facilement, en paie le prix. Dans cette région du Trans-Fly, le service météorologique national a relevé plus de 90 jours consécutifs sans pluie, trois mois entiers.

    Depuis août 2026, une partie de la région n’a reçu que 5 à 10 % de ses pluies habituelles : là où il tombe d’ordinaire 100 mm, il en est tombé 5 à 10.

    Des feux presque tous allumés par l’homme

    La sécheresse ne met pas le feu toute seule. Dans cette partie du monde normalement humide, la grande majorité des feux sont allumés par les habitants : brûlis des cultures, entretien des pâturages, défrichement, chasse. Par temps sec, ils échappent parfois à ceux qui les ont allumés, surtout dans le sud de l’île.

    La moitié indonésienne ajoute un facteur : plantations de palmiers à huile et d’arbres à pâte à papier, cultures itinérantes, villes et mines y grignotent la forêt depuis vingt ans. Selon Global Forest Watch, elle a perdu 27 000 hectares de forêt primaire en 2025, près du double de 2024 et le plus depuis 2017 : soit plus de deux fois et demie la superficie de Paris.

    « La Papouasie est devenue le nouveau front de déforestation de l’Indonésie », résume Yang Chen, chercheur à l’université de Californie à Irvine. Sumatra, où les grandes plantations ont souvent leurs propres pompiers, brûle à l’inverse relativement peu cette année.

    Ce qu’il faut suivre d’ici novembre

    Sur l’île, la fumée a retardé ou annulé des vols et fermé des écoles ; dans certaines zones, les autorités demandent aux enfants et aux personnes âgées de porter un masque.

    Les spécialistes des feux interrogés par l’Earth Observatory de la NASA s’attendent à ce que les incendies durent jusqu’aux fortes pluies de la saison humide, d’ordinaire début novembre dans le sud de l’île. D’ici là, la carte FIRMS, qui publie en accès libre les feux détectés par satellite, permet de suivre leur recul.

    Sources

    • NASA Earth Observatory, « Fires Char New Guinea », 22 octobre 2026
    • Global Fire Emissions Database et Global Forest Watch, cités par la NASA, octobre 2026 ; superficie de Paris : geo.api.gouv.fr
    • Image de couverture : NASA Earth Observatory, VIIRS (NOAA-20), 11 octobre 2026 ; carte : Geogir, fond Natural Earth

    Réagir à cet article

    Chaque réaction est lue par la rédaction avant publication.

    Partager

    Rejoignez la communauté Geogir

    Records, cartes, merveilles du monde : inscrivez-vous pour faire partie des curieux de la première heure.

    100 % gratuit · Zéro spam · Désinscription en un clic

    La rédaction de Geogir

    La rédaction de Geogir vérifie chaque record, chaque altitude et chaque superficie auprès de l'organisme qui les mesure, cite ses sources et dit quand une idée reçue ne tient pas.

    Comment nous écrivons nos articles